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Olivia Oreggia
8 mai 2016 Dernière mise à jour le Dimanche 8 Mai 2016 à 06:05

La France n’est plus le premier producteur mondial de vins rouge et blanc. La première place du podium vient de lui être ravie par l’Italie. En revanche, elle reste la championne incontestée du vin rosé. Un titre qu'elle doit surtout à la Provence, p

Un Français boit en moyenne 15 litres de rosé par an. C’est ce que révèle l’étude CIVO/Wine Intelligence 2016. Cela représente au total, plus de 8 millions d’hectolitres, soit 36% de la consommation mondiale.

Le rosé français ne vient pas uniquement de Provence bien sûr. Mais la région assure tout de même 45% de sa production globale. Et plus particulièrement le département du Var. Ses territoires viticoles comptent parmi les plus anciens vignobles de France. C’est d’ailleurs là qu’est produite la bouteille la plus chère au monde : 90 euros pour la cuvée la plus prestigieuse du Château d’Esclans, près de Draguignan.

Un prix tout à fait exceptionnel bien sûr, mais de manière générale, le prix des bouteilles ne cesse lui aussi d’augmenter.

Français et étrangers sont prêts à payer toujours plus pour ce nectar. La bouteille est vendue en moyenne 5,16 € à l’export.
Un vin qui se vend plus et plus cher. Résultat, avec un chiffre d’affaires de 670 millions d’euros, la filière est un acteur économique de poids en Provence.

 

Comment expliquer un tel succès ?

Nous avons posé la question à Michel Couderc, responsable économie du CIVP, le Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence. « C’est avant tout dû à la qualité du produit, c’est un pré requis », explique t-il. « La Provence investit sans cesse en technique pour l’améliorer. » C’est une des missions premières du Centre de Recherche sur le Vin Rosé, créé en 1999, dans le Var. Une structure unique au monde dont le rôle est d’effectuer des travaux de recherche scientifique et d’expérimentation sur le vin rosé.

 

Autre facteur de ce succès ?

Le positionnement haut de gamme. « Ca simplifie le choix », précise Michel Couderc. « Si un distributeur ou un débit de boissons ne veut avoir qu’une seule référence en rosé, il se dirige de plus en plus naturellement vers la Provence… c’est notamment le cas sur les marchés anglo-saxons, le luxe international….La grande diversité de destinations est aussi devenue un indice de reconnaissance en référence incontournable sur le marché mondial. » 

Les Etats-Unis sont les plus fervents consommateurs, comme le montre ce graphique représentant le volume des exports de vin rosé en 2015:

 

 

Enfin, il y a l’image du rosé, jugée très positive par les consommateurs. Celle naturellement associée à la Provence, mondialement connue, au soleil, aux vacances, à la douceur de vivre. Mais cela ne suffit pas, il faut la faire fructifier, la valoriser.

C’est aussi le travail du CIVP. Et il porte ses fruits. Ces dernières années, ce vin s’est imposé dans des lieux où il n’avait encore jamais été introduit: sur les tables de grands restaurants, dans les boîtes de nuit….

Il séduit un public de plus en plus jeune et féminin. Aux Etats-Unis, il est devenu un symbole de « décontraction chic ».

Le rosé de Provence a donc acquis ses lettres de noblesse. Mais il reste bien sûr à consommer avec modération.

 

CHIFFRES CLES des AOC de PROVENCE :

Superficie : 26 000 hectares répartis sur 3 départements (Var, Bouches-du-Rhône et Alpes-Maritimes)
Volume : 1,2 million d’hectolitres  (équivalent à +160 millions de bouteilles)
Production Provence: Rosé : 88,5% – Rouge : 8% – Blanc : 3,5%
Filière: 600 producteurs (540 caves particulières et 60 caves coopératives), 40 sociétés de négoce

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